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Qui va chercher des huîtres cette année ?

C’était un peu son running gag de fin de permanence, au moment de partir. Jean-Luc lançais « Bon et bien je vais faire mon sénégalais ! » , et il fallait comprendre « Bon et bien je me tire ailleurs » (référence aux tirailleurs sénégalais pour ceux qui n’auraient pas compris).
Le 23 novembre dernier, Jean-Luc a fait son sénégalais pour de bon.

Jean-Luc avait rejoint le FabLab il y a un peu moins de 3 ans. Étant donné ses connaissances quasi encyclopédiques il avait tout de suite trouvé ses marques.
Jean-Luc est rapidement devenu un membre actif de l’association. En tant que bénévole, il prenait part aux événements auxquels Chantier Libre participait. assurait une grande partie des temps d’ouverture du Fablab.
Il tenait également un rôle déterminant dans les projets en cours et à venir du FabLab notamment la fraiseuse CNC Fraizilla.

Et s’il en parlait peu, Jean-Luc avait un passé dans le monde du logiciel libre et avait été actif dans la communauté de Blender, comme le montre la discussion qui fait suite à ce tweet …

ainsi que le témoignage suivant [https://lists.blender.org/pipermail/bf-committers/2019-November/050343.html]

Jean-Luc (lukep) was active in the period 2005-2009.

He first helped with docs, releases, and quickly moved to helping with the code. One of his oldest patches I could find was related to Mesh code (2005). He quickly moved to become our Mac OSX maintainer, contributing code to make that platform fully functional for Blender. 
His other projects were adding 6dof device support and implement the first version of a dependency graph.

Jean-Luc was also invited to participate in the Wintercamp workshop, in March 2009. This was the key workshop where the foundations of Blender 
2.5 were defined.

https://archive.blender.org/wiki/index.php/Dev:2.5/Source/Development/WinterCamp/

I will remember Jean-Luc for his warm (and French :) personality and for his friendship - it was a person we relied on. It was with sadness that 
he told me he couldn't find time to volunteer anymore - in Sept 2009 he moved to a new town and new job and life took precedence.

I hope Jean-Luc enjoyed good decade in the 2010s with his friends and family. I will remember him, and I know many of you here have fond memories as well.

Thanks Jean-Luc, your work is out there forever.

-Ton-
Ton Roosendaal 
Chairman Blender Foundation, Director Blender Institute

« Jean-Luc (lukep) a été actif de 2005 à 2009.

Il a d’abord aidé avec la documentation, la gestion des versions, et est rapidement passé à aider avec le code. Un de ses plus anciens patchs que j’ai pu trouver était lié à Mesh code (2005). Il est rapidement devenu notre responsable Mac OSX, contribuant au code pour rendre cette plate-forme entièrement fonctionnelle pour Blender.
Ses autres projets ont été d’ajouter le support de périphérique 6dof (appelées aussi souris 3D) et d’implémenter la première version d’un graphe de dépendance.

Jean-Luc a également été invité à participer à l’atelier Wintercamp, en
Mars 2009. C’était l’atelier clé où les fondements de Blender 2,5 ont été définis.

https://archive.blender.org/wiki/index.php/Dev:2.5/Source/Development/WinterCamp/

Je me souviendrai de Jean-Luc pour sa personnalité chaleureuse (et française 🙂 et pour son amitié – c’était une personne sur laquelle nous pouvions compter. C’est avec tristesse qu’il m’avait dit qu’il ne pouvait plus trouver le temps de faire du bénévolat – en septembre 2009, il a déménagé dans une nouvelle ville et vers un nouvel emploi et la vie a pris le pas.

J’espère que Jean-Luc a connu une bonne décennie dans les années 2010 avec ses amis et sa famille. Je me souviendrai de lui et je sais que beaucoup d’entre vous
[de la communauté Blender] ont de bons souvenirs aussi.

Merci Jean-Luc, ton travail est là pour toujours.

-Ton-
Ton Roosendaal
Président de la Fondation Blender, Directeur de l’Institut Blender »

Jean-Luc en compagnie de Benoît, Journées Du Logiciel Libre 2019

Au FabLab, Jean-Luc manquera énormément.
Yves regrettera « les discussions sur les US et autres sujets« .
Émilie retiens de lui « une gentillesse sans limite, un esprit serviable« .
Pour Benoît « Jean-Luc, c’était un bon mélange entre quelqu’un de sérieux un peu nounours, de prime abord, et quelqu’un toujours près à aider et rigoler. Ça peut paraître un peu bête, mais [il se souviendra] de lui comme « l’homme 3D » du FabLab, Grand Gourou d’OpenSCAD, et comme celui qui amenait le cidre ou le poiret quand on faisait des crêpes. Un bénévole comme on en voit trop rarement dans une association. Et [il sait] de quoi [il] parle. »
Serge et Jonathan pensent à quelque chose qui n’a l’air de rien, au coup de main donné pour réparer la boîte à vitesse de leur Nevada. « Il avait imprimé une pièce chez lui avec un matériaux spécial, ça [leur] avait grandement rendu service.« 
Selon Michel, il « nous a appris sans le vouloir à nous débrouiller tout seul. «Vous allez y arriver, ça prendra un peu plus de temps…». On inaugure aujourd’hui une nouvelle activité suite à son départ : on commence à ramer !« 

Pour Matthieu « sur les questions techniques, il n’y avait plus besoin d’internet: que ce soit sur les matériaux, les techniques d’usinage, l’impression 3D, le firmware de la découpeuse laser… il suffisait de demander à Jean-Luc. Je regretterai de n’avoir pu me mettre à OpenScad avec lui, il adorait ce logiciel, j’espère d’ailleurs qu’il ne m’en a pas trop voulu de le pousser à utiliser Freecad pour dessiner notre fraiseuse, mais il a poussé un paquet de jurons en le faisant. Il était toujours sur plein de projets en même temps, son imprimante 3D multicolore, Fraizilla, de nouvelles chaises à découper pour le fablab. Nous les finirons en pensant à lui. C’était quelqu’un de gentil généreux et serviable en plus. Il va me manquer »

En ce qui me concerne, je voyais qu’étant donné son érudition et son caractère, il était difficile d’affirmer ses opinions. A moins d’avoir préparer de solides arguments, ça pouvait alors être un peu frustrant.
Et elles vont nous manquer ces nombreuses discussions sur de nombreux sujets quels qu’ils soient, en liens avec le fablab ou non : les Trumperies, les Annales du Disque-Monde, Postmodern jukebox, les tropes, la paracord, et j’en oublie.
Bon vivant il avait déjà une très bonne idée de la machine à café appropriée pour le futur espace de coworking, et fin de l’année dernier il s’était proposé pour apporter des huîtres à l’occasion d’une rencontre entre adhérents.
D’où une question (parmi tant d’autres) : qui ira chercher des huîtres cette année ?

La cérémonie religieuse a eu lieu le 27 novembre 2019 au funérarium de Roanne. Jean-Luc repose maintenant au cimetière de Ranchal.
Il avait 54 ans.

Muséomix 2019

Muséomix Forez 2019 c’est fini.
Pour Chantier Libre c’était la première expérience de cet événement. Un événement qui est une belle occasion de rencontres, où les idées fusent dans tous les sens, qui nous a mis sur les rotules et auquel nous avons pris plaisir à participer.

Départ du fablab
Départ du fablab : les machines sont dans le van. Ce n’est pas la vanlife mais plutôt la fablife !

Nous avions plus ou moins saisi le concept, le site web de Muséomix est plutôt clair, c’est «un marathon créatif de 3 jours dans les musées ». Mais concrètement on ne savait pas trop dans quoi on s’embarquait.

En région Auvergne-Rhône-Alpes, le muséomix 2019 se déroulait dans le Forez, dans deux musées, celui de la cravate et du textile à Panissières et l’atelier-musée de la broderie au fil d’or à Cervières.

Six équipes de muséomixeurs étaient répartie entre ces deux musées, et Chantier Libre venait aider trois d’entre

Garage de nuit
Déchargement du matériel à deux pas du Musée de la Cravate

elles à réaliser leurs prototypes sur le site de Panissières.

Nous sommes arrivés le vendredi en fin de journée avec notre matériel et nos machines (3 imprimantes 3D dont la grande Vulcanus, la découpeuse vinyle, et la découpeuse laser) et nous nous sommes installés dans un garage en face du musée.

Ce n’est pas tous les jours qu’on déplace la laser qui fait tout de même 1m70 de long par 1m20 de large.
Mais dès le samedi matin, nous étions prêts … du moins les imprimantes et la découpeuse vinyle l’étaient. La découpeuse laser a connu quelques déboires mais elle était totalement opérationnelle le dimanche matin.
Les muséomixeurs ont pu réaliser leurs prototypes dans les temps.

Imprimates 3D sur établi
Avant la ruée …

Toutes les machines ont été mises à contribution. Tambours d’un zootrope, poignées, mécanismes ont été imprimés en 3D ; des QR codes et des autocollants de signalisation au sol ont été réalisés à la découpeuse vinyle ; et la découpeuse laser n’était pas en reste puisqu’elle a gravé et découpé à tour de bras.

… et pendant.

On a même eu le temps de réaliser quelques bonus comme une cravate en bois. Ce qui a donné l’idée d’en faire une géante pour l’ajouter à l’enseigne du musée.

Petite cravate …

 

… et grande cravate.

Les muséomixeurs et leurs prototypes étaient donc prêts au moment de la présentation au public.

Fin de Muséomix, le public découvre les protoypes
Fabrication en cours du dévidoir, prototypes parmi d’autres pour ponctuer la visite du musée
Association d’une séquence animé à voir dans le zootrope avec un document sonore obtenu en flashant le QR code sur la boite
« Bis Tan Claque PAN » : ici le dispositif interactif et sonore qui s’inspire du rythme des métiers à tisser